En guise d’introduction, la Namibie, pour moi, est bénie par une beauté naturelle à l’état pure, avec grands espaces, un sentiment de liberté, et l’on est touché par la gentillesse, l’humilité et en generql par la joie de vivre des locaux.

C’est le deuxième pays le moins peuplé du monde (après la Mongolie) et, en même temps, la Namibie est un incroyable mélange de personnes d’origines culturelles et de tribus différentes.

La tribu majoritaire est Ovambo, les autres groupes ethniques sont principalement Kavango, Damara, Herero, White, Nama, Caprivian, San, Basters. La Namibie est aussi la terre des pionniers, des explorateurs, des entrepreneurs et des artistes.

La Namibie est le troisième pays le plus riche d’Afrique par habitant, mais aussi le deuxième pays le plus inégalitaire au monde.

Cette inégalité est quelque peu atténuée par l’agriculture tribale de subsistance sur les terres communales.

La Namibie se trouve dans une phase de croissance exponentielle, qui devrait atteindre 60 % d’ici à 2032, grâce au pétrole et au gaz, à l’hydrogène vert et aux énergies renouvelables, et l’on peut espérer qu’avec une faible population de 2,6 millions d’habitants, tout le monde devrait en profiter, directement ou indirectement.

Dans ce contexte de grande diversité culturelle, que je trouve particulièrement fascinant, j’ai pensé qu’il serait sympa et éducatif pour moi (et peut-être pour vous aussi), de mieux comprendre et apprécier la vie de certains Namibiens. OK, on est parti :

À Walvis Bay, nous vivons dans un appartement et Nikodemus est la personne qui s’occupe de l’entretien extérieur de notre résidence.

Autour d’une tasse de thé, Niko a généreusement accepté de me parler de son enfance, de son éducation, de son travail à la ferme, de son mariage, de son déménagement ,et de sa vie actuelle.

CHAPITRE 1 : L’ENFANCE DE NIKODEMUS.

Nikodemus Swartbooi est né le 6 juin 1981. (ci-après dénommé Niko).

Ses parents ont choisi le nom de Nicodemus en référence au rabbin cité dans la Bible.

Pour information, 80 % des Namibiens sont chrétiens (principalement des luthériens, une branche du protestantisme, et des catholiques), et 20 % sont adeptes de l’animisme.

Dans la plupart des tribus, si vous vous mariez, vous portez le nom de famille du mari, mais, si vous avez des enfants ensemble, ils portent généralement le nom de famille de la mère.

Donc, le nom de famille de Niko, Swartbooi, vient du côté de sa mère, et signifie “garçon noir”.

De plus, dès la naissance, on reçoit un surnom.

Le surnom de Niko est “Oukrop”, qui signifie la partie de la gorge de la colombe qui stocke la nourriture pour nourrir les bébés. On peut l’interpréter comme le soutien de la famille.

Lorsque Niko a grandi, il était très bon en volley-ball et en football et ses camarades d’école le surnommaient “Tiger”.

Aujourd’hui, la plupart des membres de sa famille et de ses amis l’appellent Tiger, surnom qu’il aime bien.

La mère de Niko, Helena, est issue de deux tribus différentes mais similaires, les Damara et les Nama.

Elle était infirmière et est maintenant à la retraite.

Son père, issu de la tribu des Herero, est décédé peu après la naissance de Niko. Ils ont eu deux enfants.
Lorsque Niko avait 3 ans, sa mère a épousé Paul et ils ont eu 4 enfants ensemble.

Le beau-père de Niko, Paul, est de descendance allemande et est une personne de couleur.
Par couleur, on entend des personnes d’origines diverses : autochtones (Khoisan, Bantous et autres), Blancs (y compris les Afrikaners), Indiens, Malais…

Jeremia était le grand-père de Niko ; il avait une ferme et était chauffeur de camion à ordures au conseil du village de Maltahohe de 1985 à 2000. Jeremia a ensuite pris sa retraite et est décédé en 2009 à l’âge de 68 ans, ce qui est un âge assez avancé en Namibie, puisque l’espérance de vie est d’environ 62 ans.

Niko a passé la majeure partie de son enfance et de son éducation à Maltahohe, une ville du centre-sud de la Namibie qui compte environ 6 000 habitants.

À l’école, Niko est passé en 12e année et a obtenu son diplôme de fin d’études secondaires.

En Namibie, il s’agit d’un niveau d’éducation élevé qui équivaut à la terminale en France.

Les Namibiens sont très doués pour les langues et, étonnamment, Niko parle le nama, le damara, l’anglais, l’afrikaans et le baxa taw is sit id (anglais/afrikaans à l’envers).

Pour terminer notre premier chapitre, voici un petit enregistrement de Niko, parlant le damara.

Bonne Soiree.
Cordialement
Murielle

As an introduction, for me, Namibia is blessed by pure natural beauty, space and freedom, and the kindness, humility, and playful nature of its people.

It is the second least populated country in the world (after Mongolia) and, at the same time, Namibia is an incredible melting pot of people from different cultural backgrounds and tribes.

The majority tribe is Ovambo, other ethnic groups are mostly Kavango, Damara, Herero, White, Nama, Caprivian, San, Basters. Namibia is also the land of pioneers, explorers, entrepreneurs, and artists.

Namibia ranks as the 3rd wealthiest country in Africa per capita but also as the second most wealth inequality in the world.

This inequality is a little bit mitigated by tribal subsistence farming in communal land.

As Namibia is in a phase of exponential growth, expected to grow by 60% by 2032, from Oil & Gas, Green Hydrogen and renewable energy, there is great hope that, with a low population of 2.6m people, directly or indirectly, everybody should benefit.

In this context of great cultural diversity, which I find particularly fascinating, I thought it would nice and educational for me (and perhaps for you too), to better understand and appreciate the life of some local people in Namibia. So, here we start:

In Walvis Bay, we live in an apartment and Nikodemus is the gentleman who looks after the outside maintenance of our residence.

Around a cup of tea, Niko generously agreed to tell me about his childhood, education, his work at the farm, getting married, his move to the city and his life today.

CHAPTER 1: NIKODEMUS’ CHILDHOOD

On the 6th of June 1981, Nikodemus Swartbooi was born. (hereafter referred as Niko).

His parents chose his name Nicodemus from the esteemed rabbi in the bible.

As a matter of interest, 80% of Namibians are Christian (mostly Lutherans, which is a branch of Protestantism, and Catholics), and 20% follow Animism.

In most tribes, if you get married, you carry the husband’s surname but interestingly, if you have children together, the children usually carry the mother’s surname.

So, Niko’s surname Swartbooi, comes from his mother’s side and it means black boy.

Also, as soon as you are born, you get a nickname.

Niko’s nickname is “Oukrop” meaning the part of the dove’s throat which stores food to feed the babies (the crop). I interpret it as being the provider of the family.

When Niko grew up, he was very good at playing volleyball and soccer and was nicknamed Tiger by his school friends.

So now, most of his family and friends call him Tiger, which he likes.

Niko’s Mum, Helena, was born from 2 different but similar tribes, the Damara and Nama tribes.
She was a nurse and is now retired.

His father was born from the Herero tribe and died shortly after Niko’s birth. They had 2 children.
When Niko was 3 years’ old, his mother married Paul, and they had 4 children together.

Niko’s stepfather Paul, and his mother Helena

Niko’s stepfather, Paul, is from Deutsch descendant and is a coloured person.
Coloured means of various ancestry, including indigenous (Khoisan, Bantu and others), Whites (including Afrikaners), Indian, Malay…

Jeremia was Niko’s grandfather; he had a farm and was a garbage truck driver at Maltahohe village council from 1985 to 2000. Jeremia then retired and died in 2009 at the age of 68, which is quite an old age in Namibia, as life expectancy is around 62.

Niko spent most of his childhood and education in Maltahohe, a town in Southern Central Namibia of about 6000 inhabitants.

At school, Niko graduated to grade 12 and received his high school diploma.

In Namibia, this is a high level of education and equivalent to a year before A levels in the UK, and la terminale in France.

Local Namibians are very talented with languages and amazingly, Niko speaks Nama, Damara, English, Afrikaans, Baxa taw is sit id (English/Afrikaans in reverse).

To finish our first chapter, here is a little recording of Niko, speaking Damara.

Have a nice evening
Kind regards
Murielle