1- KIFARU: La mission de Tristan pour sauver les rhinocéros

En octobre dernier, avec quelques amis, nous sommes allés dans un lodge construit en 2019, situé au sud du parc national d’Etosha, appelé KIFARU LODGE. Le lodge est agréable, très reposant, et ce qui est assez inhabituel, c’est qu’il est spécialisé dans les rhinocéros.

Pour être honnête, je n’avais pas vraiment d’affinité avec les rhinocéros auparavant, mais au bout de deux jours, j’ai ressenti une certaine empathie pour ces animaux à l’allure préhistorique.

L’histoire familiale de KIFARU commence avec Tristan Muller, un écolier de 15 ans à qui l’on avait demandé, à l’école, de faire une présentation orale sur un sujet lié à la conservation.

Tristan a choisi de parler de l’élevage des rhinocéros blancs pour contribuer à rétablir leur population en Namibie et dans toute l’Afrique.

Ce même jour, son professeur a croisé ses parents en ville et leur a confié à quel point la présentation de Tristan était inspirante.

L’idée de Tristan était claire : il voulait commencer à élever des rhinocéros blancs en Namibie, non seulement pour les protéger car ils sont en danger d’extinction, mais aussi pour favoriser activement la croissance de leur population.

À cette époque, son père, Jaco Muller, envisageait de créer une réserve de gibier. Mais après avoir entendu l’idée de Tristan, la famille a changé de perspective. Le projet de Tristan avait du sens, et ils ont décidé de se lancer.

Pour en apprendre davantage sur l’élevage des rhinocéros, ils ont commencé par rendre visite à l’un des éleveurs de rhinocéros les plus expérimentés au monde.

En 2010, ils ont acheté leur premier rhinocéros, suivi d’une femelle en 2011.

Jaco était également impliqué dans la promotion immobilière, et lorsque les propriétés ont été vendues, tous les bénéfices ont été utilisés pour acheter d’autres rhinocéros et faire grandir le projet. C’était un pari financier audacieux.

Leur premier petit est né en janvier 2013.

Depuis 2010, plus de 160 rhinocéros blancs sont nés sur leur domaine de 13 000 hectares. La plupart sont restés en Namibie, tandis que d’autres ont été envoyés en Angola, en RDC ou au Texas — des régions au climat similaire à celui de la Namibie, où les animaux peuvent vivre et se reproduire en toute sécurité.

Aujourd’hui, KIFARU est le plus grand éleveur de rhinocéros blancs de Namibie.

Le projet s’est accompagné de nombreux défis. Protéger les rhinocéros coûte cher. Ils utilisent des gyrocoptères, des drones, des motos, etc.

Les rhinocéros nécessitent des soins constants, notamment des vaccinations et l’écornage, une méthode qui aide à les protéger du braconnage.

L’écornage consiste à tailler les cornes pour réduire leur valeur aux yeux des braconniers, ce qui aurait apparemment entraîné une baisse de la mortalité chez les rhinocéros, car ils deviennent moins attrayants pour le commerce illégal.

Écorner un rhinocéros coûte environ 1 000 dollars américains. (les cornes repoussent, mais lentement). Il faut également un vétérinaire à temps plein.

Comme vous le savez peut-être, la corne de rhinocéros est très prisée, notamment dans certaines régions d’Asie et du Moyen-Orient. On croit qu’elle guérit certaines maladies, traite la fièvre ou le cancer, agit comme aphrodisiaque ou détoxifiant, et peut aussi symboliser la richesse et le statut social.

Un rhinocéros mort pour sa corne peut valoir autant, voire plus, qu’un rhinocéros vivant !

Le coût moyen d’un rhinocéros est d’environ 200 000 dollars américains.

La corne de rhinocéros est donc plus précieuse que l’or, les diamants ou même la cocaïne, ce qui alimente le crime organisé et la corruption.

L’alimentation représente aussi un coût majeur, surtout en période de sécheresse. La famille a eu la chance d’avoir accès à une nappe phréatique et a pu augmenter progressivement ses terres irriguées de 7,5 à 20 hectares, ce qui leur a permis de cultiver de la nourriture même pendant des années très sèches comme en 2019 et 2024.

S’occuper de rhinocéros demande énormément de travail et une réelle prise de conscience de la nécessité de protéger cette espèce menacée.

La famille a donc décidé de créer une organisation à but non lucratif appelée The Rhino Momma Project. Son objectif est de protéger et de repeupler la population de rhinocéros blancs en Namibie à travers l’élevage, la lutte contre le braconnage et le soutien communautaire.

Peut-être que vous, ou quelqu’un de votre entourage, aimeriez devenir bénévole : voici le lien ➤ https://rhinomomma.com/the-rhino-momma-volunteer-handbook